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Histoire de la Capoeira

     Une des plus grandes polémiques entourant la capoeira, concerne son origine.
Le nom « Capoeira » vient du terme indigène "caá" et "puera" qui signifie "brousse". Cette brousse était le lieu ou se pratiquait la Capoeira avant le XIXe siècle.
     Aujourd'hui, la plupart de ceux qui étudient la question s'accordent sur l'hypothèse que la capoeira serait une adaptation de danses africaines faite par les esclaves, noirs bantous en provenance d'Angola, au Brésil.
      On sait que le noir a toujours rêvé de liberté, et que pour l'obtenir il n'a épargné ni efforts ni batailles. C'est dans ce contexte que s'insère la capoeira, comme recherche de la liberté de la part d'une race réduit en esclavage et maltraitée par le colon blanc. La capoeira était une tentative du noir de préserver sa culture et ses racines en face d'un système oppressif, sous la forme d'une lutte déguisée en danse.

     Dans les senzalas (espaces de vie des esclaves au sein des plantations) les esclaves pratiquaient la capoeira à leurs moments de loisir, et pour que les colons ne soupçonnent pas que celle-ci était en fait un combat, ils allièrent aux coups la ginga et la musique.
     Au début du  XIXe siècle, la déclaration d'indépendance du Brésil a été l'occasion d'une reconnaissance importante de la capoeira. En effet, les gardes du corps de l'Empereur D. Pedro 1er étaient tous des capoeiristes. De plus, au milieu de ce siècle, nombreux capoeiristes furent impliqués dans la guerre du Brésil contre le Paraguay ou certains périrent au beau milieu du Paraná.
     Après l'abolition de l'esclavage en 1888, la majeure partie des archives furent brûlée, ce qui explique la pauvreté des informations sur les débuts de la capoeira.
     Ensuite l'apogée de la Capoeira commença à prendre fin car beaucoup de noirs à la rue commencèrent à piller, et voler en utilisant la capoeira comme instrument. Ainsi, les capoeiristes furent vus comme des vagabonds et des délinquants. En 1890, la capoeira fut interdite par la loi, sous peine de prison de 2 à 6 mois, et le resta jusqu'à 1937.

     Les trois premières décennies du XXe siècle furent alors marquées par des conflits constants entre police et capoeiristes dans les états du Pernambouc, Bahia et Rio de Janeiro qui étaient les foyers principaux de la Capoeira. Ils la pratiquaient alors dans les rues et avaient l'habitude de se réunir les dimanches, jours fériés et après le travail.
    Puis dans les 30 et 40, certaines pratiques culturelles noires comme le samba, le candomblé et la capoeira, jusqu'alors assez persécutées, furent, petit-à-petit, "désafricanisées" et transformées en icônes de la brasilianité. La création de la Capoeira Regional par Mestre Bimba fût un pas important pour la légalisation de la capoeira (effective en 1937), et où elle fût reconnue comme un sport national, ainsi que Mestre Pastinha qui réagit à ce "métissage" et chercha à affirmer la pureté de la capoeira, en diffusant le style Angola, marqua clairement la différence avec le style Regional.
     Aujourd'hui la capoeira a conquis des gens de tous âges, classes sociales, nationalités, et se répand à travers le monde.